Article Etiquette plus Février 2012

L’étiquette adhésive à l’ère digitale


Devenu, en seize ans, un poids lourd de l’impression d’étiquettes adhésives, 5sept Etiquette a choisi le développement et la croissance par le flux numérique. Radiographie d’un modèle atypique dans ce métier.

oute la clé du succès est dans la gestion », résume sereinement Patrick Wack, le P-DG de 5sept Etiquette, entreprise basée à Courthezon, dans le Vaucluse. Quatre ans après avoir visité ce fabricant d’étiquettes adhésives, nous retournons sur place pour une nouvelle radiographie. Cette société familiale, dont la raison sociale est un clin d’oeil aux anciens formats d’étiquettes 5 x 7, emploie aujourd’hui 50 personnes pour un chiffre d’affaires de 8,15 millions d’euros.

Cela fait d’elle un poids lourd quand le chiffre d’affaires médian des entreprises du secteur s’établit autour du million d’euros. Elle produit 525 millions d’étiquettes pour les marchés de l’agroalimentaire (40 %), de l’industrie (25 % environ) suivi de la pharmacie, de la cosmétique et des vins et spiritueux et de l’industrie. Ses clients sont tout autant les grands groupes européens de la distribution que les PME industrielles. Ils s’appellent Senoble, les vins Gérard Bertrand, l’Occitane ou Arysta. Chaque marché impose ses spécificités en termes de supports et finitions : des étiquettes en papiers structurés pour les vins et spiritueux, des films polyéthylène et polypropylène plutôt pour la cosmétique ou encore des films ultra-résistants pour certaines applications industrielles. La répartition s’établit à 60 % pour le papier et 40 % pour le film, ce dernier continuant à gagner du terrain. L’atelier de production imprime tous types d’étiquettes, depuis les twin labels et les étiquettes à double enduction jusqu’aux étiquettes de traçabilité, comportant une partie fixe et une partie détachable. Des fonctions peuvent être ajoutées : étiquettes en relief ou en braille, voire des puces RFID, avec tout l’éventail des finitions possibles ; dorure à chaud ou à froid, gaufrages ou vernis. Patrick Wack a bien compris l’intérêt de se cantonner aux étiquettes pour l’industrie, marchés contraignants mais procurant des marges suffisantes pour continuer à progresser et investir. Faire des étiquettes à données variables ? « Nous n’avons pas vraiment de demande », rétorque- t-il. Passer à la presse numérique ? « Un jour peut-être ! »

Le flux digital gagne l’amont

Avec une commande moyenne de 2000 euros, des milliers de clients, autant de cahiers des charges et des séries plus petites, l’entreprise a cherché, au fil des ans, le modèle de gestion le plus approprié. Et c’est la gestion digitale qui s’est imposée, ce modèle ayant progressivement,gagné toutes les fonctions en amont de la fabrication. Mais ce n’est pas la seule raison. Chez 5sept Etiquette, la décomposition des coûts de l’entreprise révèle que la part de la production s’élève à 68 % car elle intègre les amortissements machines et les salaires de conducteurs. Cette part étant presque incompressible, la bonne voie consistait plutôt à rationaliser, en amont, les coûts de gestion (32 %) grâce à un flux numérique capable de faire le lien entre la commande, l’ordonnancement, le pré-presse et la production. Ce modèle de flux numérique a été construit à partir des applications EskoArtwork auxquelles sont venues se greffer celles de l’éditeur belge Cerm. Pour que les informations entre la gestion et la production s’échangent sur une même base, le standard JDF (Job définition format) a été généralisé. Le flux JDF sert en effet de passerelle entre l’informatique de gestion et l’informatique de production. La quasi-totalité des échanges de données et documents graphiques passe d’ailleurs par ce format, les seules exceptions concernant les fournisseurs et les livraisons clients restant au standard EDI. « Notre matière première est devenue l’information, avant même l’étiquette », résume Patrick Wack. La chaîne de traitement de l’information commence avec 5/7Order, une application développée par Cerm à partir de son e-module Web4L (web4labels) et implémentée chez l’imprimeur courant 2010. Encore proposée de façon facultative aux clients, elle leur permet de passer leurs commandes via un module en ligne. Interactive, consultable à tout moment 5/7Order génère les cotations en lien ,avec différentes bases (matières premières…). Reste au client à renseigner une date de livraison souhaitée. L’interface archive l’ensemble des données. Un utilitaire développé par EskoArtwork et installé l’an dernier chez 5sept Etiquette, le Studio Visualizer, donne aussi au client la possibilité de peaufiner l’étiquette, d’y ajouter des effets de textures ou de lumières, des vernissages, des finitions et de modifier le type de support (papier couché ou non, mat ou brillant, etc.). Le flux numérique échange en permanence avec le module des stocks. Le traitement de l’information se poursuit avec 5/7Server, exploité cette fois par les cellules de l’imprimeur, l’ordonnancement et la planification. L’application vérifie les commandes transmises par 5/7Order et contrôle la disponibilité des supports et consommables, la validation du BAT, les délais de livraison et l’intégration de la commande dans le planning de production. Un puissant module des stocks permet de visualiser les laizes et métrages disponibles. Les consommables en stock sont enregistrés avec leur numéro de rack, code-barre et métrage. Si une bobine est réutilisable, le logiciel génère alors un nouveau code. L’avant-dernière étape consiste à éditer l’ordre de fabrication et à vérifier un certain nombre d’opérations (envoi des chartes couleurs au client, ordres de livraisons, etc.) avant de lancer la planification et le pré-presse. Un tel flux numérique procure de nombreux avantages sur le plan de la visibilité des opérations et de leur sécurité. La traçabilité totale des commandes, de l’ordre initial à la production, fournit à l’entreprise de nombreux éléments de preuves en cas de litiges. Les bases de données permettent d’optimiser les achats, les stocks et les délais, ce qui confère à l’entreprise une grande réactivité. Les outils graphiques tels que le Studio Visualizer offrent aux clients la possibilité de personnaliser et d’améliorer leurs étiquettes sans qu’ils aient à maîtriser les technologies de fabrication. Bref, un flux numérique structuré offre davantage de marges de manœuvre, pour proposer de nouveaux services et augmenter à l’avenir les capacités de traitement des commandes à effectif identique. Sans compter que ses dirigeants disposent là de tous les outils pour une parfaite compréhension des processus de l’entreprise et de ses éventuels dysfonctionnements…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olivier Ketels

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources: n° 33– Etiquette plus– Février 2012

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