Couverture et Article Etiq&Pack n°53 Novembre 2011

5/7 ETIQUETTE :
LE SUCCÈS PAR L’ORGANISATION

Par: Jean Poncet

A Courthézon, à quelques lieues d’Avignon, Patrick Wack conduit son entreprise, 5/7 Etiquette, avec flair et selon une organisation ultra-huilée faisant appel à des logiciels d’automatisation des processus du devis à la livraison.

Patrick Wack a le sens de la formule et quand il parle d’impression digitale sans presse numérique, il est certain que son auditoire va prêter une oreille attentive à ses explications. D’autant que 5/7 Etiquette, l’entreprise qu’il a repris, il y a 16 ans, en 1995, fonctionne bien, croît plus vite que le reste des entreprises de la profession avec des choix stratégiques bien arrêtés, pas forcément consensuels. L’homme est attachant, se livrant facilement. Au milieu de journalistes de la presse des industries graphiques et de ses partenaires du secteur, il raconte rapidement qu’il vient de la photographie et plus précisément de la retouche photo, puis de la photogravure offset. Il se souvient du moment où il a repris 5/7 Etiquette, les difficultés qu’il a rencontrées au début par la faute d’une politisation extrême de l’entreprise dont il n’avait pas compris toute l’importance, puis de la concurrence déloyale qu’il a subie. Patrick Wack en sourit aujourd’hui. Il n’a pas l’air d’en être sorti meurtri, plutôt renforcé. Estce cet acharnement du destin auquel il n’était pas préparé – mais qui peut prétendre l’être – qui l’a poussé à cette rigueur de management et de fonctionnement aussi intense ? On ne saurait le dire avec certitude, mais cela lui a donné, sans doute, de nombreuses raisons de ne pas s’en remettre au hasard ou à la confiance en l’être humain.

UNE ENTREPRISE DYNAMIQUE

5/7 Etiquette réalise un CA de 8,15 millions d’euros en produisant 4,5 millions de m2 ou 524 millions d’étiquettes avec un effectif de 50 personnes. Pour répondre à des commandes d’étiquettes d’un montant moyen de 2 000 euros, Patrick Wack a choisi le procédé offset waterless de Codimag et a acquis en 2008 sa première Viva 420 Aniflo qui se trouvait être aussi la première construite. Comme l’explique Pascal Duchêne, le dg du constructeur Codimag, le principe de l’aniflo dérivé du procédé flexo permetune simplification de l’encrage avec transmission directe par anilox sur le blanchet et donc facilite le calage de chaque groupe, réduit la gâche et offre un gain de temps imbattable dans sa catégorie pour le changement. Patrick Wack a visiblement été conquis puisqu’il a acheté une deuxième Viva 420 en 2009. Mais revenons à sa déclaration provocatrice. Eh oui, direz-vous ce n’est pas avec cela qu’il fait de l’impression digitale. Et bien si, car pour Patrick Wack,l’impression digitale c’est une impression qui suit un flux numérique bien plus que le recours à une presse numérique. Tout est parti d’une analyse de la demande des clients. L’étiquette adhésive, on l’oublie trop vite quand on est du secteur, est un objet complexe de matériaux différents (en trois parties : frontal, adhésif et liner), qui peut être imprimé selon plusieurs procédés (combinables) et qui doit recevoir une finition élaborée à la fois technique (découpe, échenillage) qu’esthétique (dorure, gaufrage, vernis…). En plus chez le client, elle fait intervenir des services très différents, du marketing aux achats, de la production au service juridique. Cela en fait un produit difficile à gérer car il y a de nombreuses références, souvent dues à des séries courtes ou limitées dans le temps (promotionnelles). C’est pourquoi, 5/7 Etiquette a mis au point un outil collaboratif pour offrir des possibilités de suivi et de renouvellement de commandes plus aisées à ses clients, chacun y trouvant son compte, réelle valeur ajoutée pour le client avec moins de temps passé et gain de productivité pour 5/7 Etiquette. L’idée qui sous-tend toute l’amélioration du processus est une réduction du « Time-to-Market », une prise en charge de la complexité de l’étiquette par le transformateur, une assurance qualité grâce à la reproductibilité et le contrôle à distance, l’archivage disponible qui permet de réutiliser après mise à jour, des étiquettes déjà conçues. Notons de plus que ce processus limite l’impression de documents administratifs et donc apporte sa contribution au respect environnemental. Cela a donné deux outils: 5septOrder et 5septServer, le premier pour la prise de commande, l’autre pour le suivi de production (y compris la répétition de commandes). Les deux logiciels qui sont bien entendu interfacés ont été customisés par Cerm (groupe Heidelberg) à partir de son progiciel de gestion assisté par ordinateur spécialement conçu pour le secteur de l’Etiquette Web4Labels. Ils sont compatibles avec les logiciels d’EskoArtwork (notamment Visualizer 3D) que l’on trouve dans l’entreprise et qui permettent la visualisation des épreuves virtuelles et les BAT. Le soft Cerm permet de gérer le devis, la commande, la production, le stockage, l’expédition, la facturation, et grâce à son interface avec les logiciels graphiques, les archives et les BAT. Cette automatisation a permis à 5/7 Etiquette d’améliorer sa productivité de façon importante puisqu’aujourd’hui l’entreprise réussit à investir jusqu’à 20 % de son CA en recherche et développement et en amélioration de son offre machines. Mais le tout automatique – nous avons entendu dire que parfois on donnait raison aux machines envers et contre tout – n’est pas la panacée selon Patrick Wack qui dit que l’expertise humaine, notamment dans l’appréciation de la qualité de l’impression, est encore fondamentale et que l’ensemble des intervenants de la chaîne graphique, designers, pré-presse conducteurs doivent bénéficier de l’outil collaboratif et non y perdre leurs compétences. L’automatisation sert à huiler les rouages et à faciliter les rapports entre prescripteurs, clients et imprimeur. Et donc à favoriser le développement.

LA FLEXO POUR DE NOUVEAUX DÉBOUCHÉS

Car 5/7 Etiquette, comme beaucoup d’imprimeurs d’étiquettes, intervient dans quatre grands secteurs : agroalimentaire (avec notamment Senoble), cosmétique (L’Occitane), Vins et spiritueux (Vins Gérard Bertrand), enfin industrie (Spit). Ces clients qui lui font confiance, et d’autres qui tapent à la porte attirés par la renommée de l’entreprise, ont une demande d’étiquettes plus importante que les 2 000 mètres linéaires actuels. Pour augmenter la longueur de ses tirages, élargir ses débouchés et pouvoir offrir à ses clients de nouvelles capacités, Patrick Wack a investi dans deux presses Nilpeter FA4 Line, une six couleurs et une huit couleurs avec finition en ligne (dorures à froid, découpes, etc.). Pour ne dépendre de personne, il s’est doté d’un système de gravure Cyrel Fast de DuPont pour que le pré-presse qui sortait déjà les CtP puisse réaliser luimême ses clichés Cela devrait lui permettre une meilleure rentabilité pour des tirages plus longs. Quant à ce que l’on nomme d’habitude l’impression numérique, Patrick Wack ne se l’interdit pas et dit étudier les machines en ddsprésence avant d’envisager quoi que ce soit. Gageons qu’on aura le plaisir de le voir au Colloque d’Etiq&Pack sur l’impression numérique en mars prochain !

Jean Poncet

 

ETIQ&PACK53NOVEMBRE2011

 

 

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