Un petit qui a tout d’un grand

Installée en Provence, 5/7 Étiquette a pris le temps de mettre au point et d’installer un modèle d’organisation original qui lui vaut aujourd’hui de se positionner efficacement sur des marchés exigeants et de disposer d’un réel potentiel de croissance.

Michèle et Patrick WackL’entreprise 5/7 Étiquette a été fondée en 1969 par un commercial de la société Tesa qui vendait ses produits adhésifs à des agriculteurs de la région. Il spécialise son imprimerie, installée dans le Vaucluse, dans l’étiquetage de fruits et particulièrement de melons. C’est en 1995 que Patrick et Michèle Wack rachètent la société, qui emploie alors une vingtaine de personnes. De formation commerciale, Patrick Wack a travaillé neuf ans au laboratoire photographique Picto avant d’intégrer un groupe anglais, Wace, coté en bourse à Londres et qui regroupe quelques belles entreprises dont plusieurs sont spécialisées dans l’étiquette adhésive. « Là, j’ai réalisé le potentiel de ce marché encore neuf et la place qu’une PME bien organisée pouvait s’y tailler. Nous n’étions pas encore dans l’industrie lourde comme le cartonnage. De plus, l’importance des phases de transformation et de façonnage de l’étiquette protégeait cette activité, qui ne me semblait pas menacée, à court terme, par les nouvelles technologies comme l’imprimerie traditionnelle. Je pouvais appliquer mon expérience en photogravure et impression, et mon habitude de gérer de multiples “petits” dossiers. Enfin, 5/7 disposait d’une gestion saine, était particulièrement bien équipée (10 machines Gallus) et intégrée en photogravure avec un système Barco rentré dès 1990. Ce qui impliquait concrètement une habitude de traiter les fichiers informatiques, pas si courante à l’époque. »

Un second site de production, basé à Toulouse, Top Étiquettes est adossé à l’entreprise mère : spécialisé dans la sérigraphie, il emploie une petite équipe de 5 personnes. « L’esprit, le rythme, le niveau d’industrialisation sont différents, d’où le choix de conserver ces deux entités qui sont complémentaires. »

Une réorganisation complète

En 2001, afin de s’agrandir et de réorganiser les flux, 5/7 Étiquette déménage à Courthézon, dans un nouveau bâtiment construit spécifiquement pour répondre à ses besoins. « L’occasion aussi de marquer plus fortement les changements intervenus au fil des premières années et qui ont permis de repositionner complètement l’entreprise, au niveau de son style, de son organisation, de son fonctionnement au quotidien et de ses marchés », précise Patrick Wack. Aujourd’hui avec 45 personnes, 5/7 Étiquette affiche un chiffre d’affaires de l’ordre de 6,5 millions d’euros et travaille pour différents secteurs allant de l’agroalimentaire – comme la plupart de ses confrères mais pour des étiquettes haut de gamme ou complexes -, à l’industrie, la cosmétique, mais aussi la viticulture locale et régionale (environ pour un tiers de son activité). « Une activité nouvelle mais intéressante car elle valorise bien le produit étiquette et permet d’apporter de la valeur ajoutée. De plus, la pression sur les prix est ici un peu moins déterminante car les clients attachent une grande importance à la qualité et au service. Notre outil industriel – offset et flexo – nous permet de bien nous positionner en termes de prix, tout en proposant des solutions originales. »

La nouvelle Viva à encrage court

Si l’offset a pris une place importante dans l’étiquette, c’est bien sûr à cause de son aspect qualitatif mais aussi, car beaucoup d’imprimeurs maîtrisaient cette technologie et l’ont donc naturellement retenue quand ils se sont intéressés au secteur de l’étiquette. « Aujourd’hui, il nous semble que la flexographie apporte une alternative réellement intéressante aussi bien au plan technique qu’économique pour certains produits. 5/7 s’est donc doté d’un parc bien équilibré autour des deux technologies. »
Viva 420L’arrivée de la nouvelle Viva de chez Codimag, en février 2008, renforce fortement la capacité de production en volume. « Selon l’accord passé avec le fabricant, nous sommes les seuls aujourd’hui à avoir acquis cette machine, qui sera présentée officiellement au moment de la Finat. Nous travaillons en collaboration afin de finaliser les réglages en production, de leur faire retour de nos remarques, etc. Je pense que si Codimag nous a retenus pour ce partenariat c’est à cause de notre habitude de travailler avec les deux technologies offset et flexo… et donc de les comparer, mais aussi pour notre maîtrise de la partie pré-presse. Après trois mois de travail, nous sommes tout à fait enthousiastes. La presse correspond à nos attentes aussi bien en qualité qu’en productivité. »

Gérer l’information

5/7 Étiquette a choisi de ne pas faire de création : « Chacun son métier, nous ne proposons que ce que nous maîtrisons parfaitement. De plus, la création ne s’intègre pas facilement dans un environnement industriel ». Une autre spécificité de l’entreprise est l’accent mis depuis le départ sur la gestion de l’information, considérée comme aussi importante que la partie production proprement dite. « Nous nous considérons comme une entreprise de service qui fait de la production, au contraire de beaucoup de nos confrères qui ont une culture principalement technique. » 5/7 Étiquette a donc régulièrement, et lourdement, investi en informatique avec du matériel Esko-Artwork pour le pré-presse et Cerm pour la gestion. « Nous travaillons avec le même fournisseur, Esko, depuis vingt ans d’où une forte culture de ces outils en interne, des mises à jour permanentes, des versions beta… » 5/7 Étiquette a intégré un CTP flexo et y passe toute sa production, ce qui reste encore rare dans la profession. « Quant au logiciel de Cerm, il s’agit d’un petit ERP qui va jusqu’aux étiquettes d’expédition et la gestion du stock matières. » Les machines sont équipées de capteurs qui mesurent précisément la quantité de complexe adhésif passé et les bobines sont re-étiquetées après chaque utilisation avec le métrage restant. Ainsi la consommation est gérée en temps réel et le stock physique correspond réellement au stock informatique. Il devient donc facile de comparer la consommation prévue et la consommation réelle.

Des équipes performantes

« Nous avons amené ces deux fournisseurs à travailler ensemble afin de construire une liaison entre l’informatique pré-presse et celle de gestion, autour d’applications JDF. La normalisation des flux informatiques est indispensable aujourd’hui afin de connecter CTP Flexodirectement les machines et le pré-presse pour éviter toutes les opérations de type ressaisie potentiellement génératrices d’erreurs. » Le personnel qui assure la gestion dispose de l’information qui vient du studio et a accès à tous les fichiers graphiques. À l’inverse, le logiciel Esko utilise les informations issues de Cerm de manière automatique. « Un gain de productivité administratif mais surtout un gain qualitatif grâce à l’élimination des inévitables risques d’erreur humaine. »
Ces processus ont bien entendu exigé une formation du personnel : « Nous avons, au fil du temps, recruté des gens qui intègrent bien la dimension primordiale d’une gestion complète de l’outil informatique. C’est une démarche complexe qui exige une vision globale du travail au-delà de la tâche effectuée, une grande implication. Mais chacun est considéré comme responsable et, à ce titre, a accès à l’ensemble des informations ».

Une PME pleine d’atouts

5/7 Étiquette emploie 4 commerciaux et 5 assistantes commerciales plus une personne en charge du planning, qui fait suivre les informations graphiques au studio (3 postes). Une autre personne assure l’imposition et la préparation des fichiers qui sont ensuite envoyés sur un des deux CTP flexo, ou offset. « Nous avons opté pour un relativement “grand” format pour le CTP flexo, 90 x 120 cm, par rapport à nos dimensions d’étiquettes. Ainsi, nous gagnons en souplesse d’imposition. Les épreuves de contrôle sont imprimées sur une imprimante Epson calibrée afin de garantir leur reproductibilité, nous gérons les profils ICC de chaque équipement, imprimante ou presse. » Si 5/7 Étiquette a développé une GPAO qui a imposé un cadre contraignant et rigoureux, son responsable n’a pas souhaité engager une démarche pour obtenir une certification ISO. « Ce n’est pas actuellement déterminant sur nos marchés, mais si un client nous l’imposait, je crois que nous sommes déjà bien préparés pour réussir rapidement à l’obtenir. » Pas impossible car la société se positionne de plus en plus sur des marchés très exigeants : « Nous restons une PME, d’une taille limite : pas un grand mais déjà plus un petit… Nous affichons une croissance modérée mais régulière grâce à
des clients qui “reconnaissent” la valeur ajoutée que nous apportons en termes de qualité d’impression ou de logistique mais surtout d’organisation globale. Cette organisation, qui aujourd’hui est complètement stabilisée et efficace, nous donne l’énergie
nécessaire pour envisager un bon développement dans les années à venir »
.

Catherine MANDIGON,
Du magazine « Transfoplus étiquettes plus »

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